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ED268 2019/2020 Féminisation des noms de métiers, titres et fonctions : politiques linguistiques, corpus, genre

Responsable(s)

Gabrielle Le Tallec-Lloret

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Inscription obligatoire auprès de:
gabrielle.letallec@univ-paris13.fr

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Objectifs

En dehors des polémiques que suscite cette question dans l'actualité sociétale française, la féminisation des noms de métiers implique, en recherche, une approche méthodologique transversale que nous nous proposons d'examiner dans ce séminaire.

En matière de politique linguistique, en France et dans l'espace francophone, la question de savoir si un mot doit son existence, et sa légitimité dans le patrimoine lexical d'une langue, à la norme qui l'impose, ou bien à l'usage qui l'implante, est cruciale. Depuis les années 1980, la politique de « féminisation » des noms de métiers accompagne celle en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes. Le nombre de mesures, réitérées, montre que les recommandations de l’État tardent à s’appliquer. Nous proposons donc de revenir sur les étapes-clé de cette politique linguistique et des recommandations avant d'examiner les débats et les passions soulevés par cette question : 

- Le « Rapport de la Commission générale de terminologie et de néologie sur la féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre » (cogeter) : 21 octobre 1998

- L'Académie française, les linguistes, les féministes : la guerre des mots.

Derrière cette question de la « féminisation » des noms de métier, se cache une nouvelle réalité : l'accès des femmes à toutes les professions, y compris les plus prestigieuses : les hautes fonctions dans le monde de l'entreprise, des administrations, de l'armée, de la politique ; mais aussi les professions manuelles traditionnellement réservées aux hommes pour leur pénibilité. Il était donc nécessaire d'évaluer la politique d’aménagement linguistique, de prendre la mesure des évolutions, de mettre au jour les blocages. L'approche linguistique  (aspects morphologiques et sémantiques) réclamait aussi un corpus vaste :

- Le projet NÉONAUTE : un moteur de recherche pour suivre l'implantation des néologismes à partir des collections du Dépôt légal du Web (BNF - Bibliothèque nationale de France) : © Néonaute 2017-2018 - Projet financé dans le cadre de l'appel à projets Langues et Numérique 2017 de la DGLFLF. http://tal.lipn.univ-paris13.fr/neonaute/html/index.php

Le Moyen Âge féminisait quasiment toutes les professions et activités des femmes (en -esse majoritairement), puis ces formes ont disparu sous le coup d’un mouvement dit de « masculinisation ». Lequel l’usage va-t-il retenir ? Une forme déjà existante au Moyen Age, un rétro-néologismes  (B. Cerquiglini), ou bien une forme nouvelle morphologiquement ? Par exemple, avant le XVIIIe siècle, on pouvait dire : autrice, chercheuse, entrepreneuse... Aujourd'hui, on observe une "re-féminisation" : auteure, chercheure, entrepreneure... Lequel l'usage va-t-il retenir ? Mais entre "masculinisation" et re-"féminisation" de la langue française : qu'en disent les corpus ?

À l'interface de ces points de vue, se pose la question du genre.

- L'écriture inclusive peut se lire comme une recherche de l'indiscrimination de genre ?

- Observe-t-on aujourd'hui dans la langue française l'émergence d'un genre neutre ?

- Quelle légitimité l'écrivain, ou l'écrivaine, a-t-il dans ce débat sur le genre ? Par sa capacité à créer des termes nouveaux et/ou à proposer un nouveau sous-système de pronoms personnels - al (pour il et elle) et als (pour ils et elles), etc. -, en vue d'exprimer des situations agenres, l'écrivain est aussi susceptible d'augmenter la langue et de la faire évoluer.

 

Horaires

A VENIR

mise à jour le 4 juillet 2019


Renseignements :

ED 622 - Sciences du langage
Université Sorbonne Nouvelle

MAISON DE LA RECHERCHE

Bureau A006

4, rue des irlandais

75005 PARIS

Tél. : 01.55.43.08.82
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