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ED267 2019/2020 Atelier interdisciplinaire - Archives en Arts et Médias : exploration, analyse et valorisation (Marco Consolini et Laurent Véray)

Descriptif

Ce séminaire transversal de 18h sur l'année sera proposé aux doctorant.e.s  à la rentrée 2019-2020. Conçu comme un atelier, il sera encadré par trois enseignants chercheurs des départements ICM, IET et CAV, et des conservateurs des Archives nationales. À partir d’interrogations spécifiques, il s'agira de travailler en petit groupe sur des fonds de l'administration des Beaux-Arts, sur le fonds de l’O.R.T.F., ainsi que sur d’autres ensembles documentaires, en ciblant la période qui va de l'après-guerre aux années 1950, afin d’examiner des documents éclairant l'histoire aussi bien du théâtre, du cinéma que de la radio et de la télévision, dans une période où s'élabore un nouveau cadre pour l'action culturelle publique.  Cet atelier permettra donc à ses participant.e.s de découvrir des instruments de recherche, saisir des logiques de « fabrication » des archives, et réfléchir sur les différentes façons pour des chercheur.e.s de s’approprier ces dernières. Il s’agira donc de découvrir un lieu de conservation, des archives rares et des méthodes d'analyse, tout en présentant l'avantage,  pour les doctorant-e-s, de croiser différents champs disciplinaires et domaines (études théâtrales, cinéma et audiovisuel, communication, médiation culturelle). Ces activités d’exploration et d’analyse critique auront en outre vocation à être valorisées sous la forme d’une journée d'étude et/ou d'une exposition, ou encore d’un carnet de recherche en ligne. Cet aboutissement final n’interviendra qu’au printemps 2020, ce séminaire s’articulant sur deux années universitaires.

Ce séminaire peut être pris comme "séminaire méthodologique Arts & Médias" ou comme "atelier et activité scientifique".


Calendrier


Le séminaire est ouvert aux doctorants-e-s qui ont suivi le premier volet l’an dernier, mais aussi aux nouveaux et nouvelles doctorant-e-s.
 
- Une première séance (présence obligatoire) aura lieu lundi 16 décembre,
de 10h à 12h
, à la Maison de la recherche 4, rue des Irlandais en salle mezzanine.
- Les séances suivantes auront lieu aux Archives Nationales le lundi matin
de 9h à 13h
. Les jours seront précisés aux participants lors de la séance du 16 décembre.
 

Bilan et perspectives de l'atelier qui s'est tenu en 2019.

Conçu comme un atelier, le séminaire transversal « Archives en Arts et Médias : exploration, analyse et valorisation », proposé pour la première fois en 2018-2019 par l’École doctorale ED 267, s’est tenu aux Archives nationales (AN), à Pierrefitte-sur-Seine, quatre lundi matin, de janvier à mai 2019. Il a regroupé huit doctorants et doctorantes encadré-e-s par trois enseignants-chercheurs des départements ICM (Jamil Dakhia), IET (Marco Consolini) et CAV (Laurent Véray), en présence d’une conservatrice (Geneviève Profit) et d’une chargée d’étude documentaire (Émeline Rotolo) des AN.

Après une séance introductive sur les instruments de recherche, le travail a consisté à
examiner in situ des séries de cartons d’archives de l’ORTF (notamment sur la direction et les comités des programmes) pas encore complètement inventoriés, et d’autres dossiers provenant des fonds des Beaux-Arts, qui concernent la télévision, la radio, le théâtre et le cinéma, datant de 1952 au début des années 1970. À l’issue de chaque séance, les étudiants, les enseignants et les conservateurs ont exposé une synthèse de leur lecture de la documentation consultée. Cette dernière, très riche (procès-verbaux ; projets d’émissions ; conventions ; lettres ; rapports ; documents administratifs, financiers et techniques…), permet de dévoiler les ressorts de la télévision française et ses liens étroits avec les arts (littérature,théâtre, cinéma) et la radio.

Plusieurs enjeux traversent en effet la télévision française des origines : quels liens
développer avec les arts et les médias qui l’ont précédée : entre autres la littérature, la radio, le théâtre et le cinéma ? Dans quelle mesure doit-elle s’en inspirer ou au contraire s’en affranchir ? Quels sont les fondements de la télégénie ? À quels publics – populaires,provinciaux, parisiens, amateurs ou initiés – s’adresser et de quelles manières ?

Durant ces deux décennies, et plus particulièrement entre 1953 et 1963, la télévision française est donc le lieu de convergence d’enjeux à la fois institutionnels, économiques, culturels et esthétiques. Rien d’étonnant à ce que les noms de grandes personnalités de l’époque aient été trouvés sur certains documents (Claude Contamine, Marcel L’Herbier, Jean-Louis Barrault et Madeleine Renaud, Claude Santelli, Pierre Sabbagh, Pierre Schaeffer, Marcel Bluwal, Jean-Paul Belmondo…).

Reste à trouver la focale idéale pour aborder tous les aspects notés par les uns et les autres lors de ces premières séances exploratoires. Dans la seconde phase que représente la 2ème année de cet atelier, il s’agit en effet de valoriser les résultats des recherches effectuées. Sur ces deux points, les doctorant-e-s ont été sollicité-e-s pour donner leurs avis par écrit.

 
Avant d’en prendre connaissance, on peut noter que plusieurs axes problématiques intéressants se sont dégagés de la discussion de la dernière séance : les liens entreÉtat/théâtre/cinéma/télévision, le regard de l’administration sur les politiques culturelles, la dimension expérimentale de la télévision, la question de la « télégénie », l’étude des publics…
 
Concernant les valorisations possibles, ont été évoqués :

 l’alimentation du carnet de recherche des Archives nationales (« Le labo des archives ») avec de très brefs articles rédigés en commun signalant des étapes de la recherche, commentant tel ou tel document, pouvant croiser les regards des doctorant.e.s et des conservateurs/trices des AN ;

 l’organisation d’une journée d’étude (à Paris 3 pendant la semaine des Arts & Médias en mars 2020 ou aux AN en juin 2020) par et avec les doctorant-e-s du séminaire, comportant des interventions de chercheurs qui travaillent sur le sujet (Gilles Delavaux, Guillaume Soulez, Pascale Goetchel…), des projections de documents audiovisuels d’époque provenant des collections de l’INA et d’un film plus récent (par exemple celui de Daniel Cling Une aventure théâtrale, 30 ans de décentralisation), le
tout avec des rencontres, des discussions, des débats…

 une exposition à la théâtrothèque Gaston Baty, à partir d’une sélection de documents trouvés dans les cartons, soit sous la forme d’originaux ou de fac-similés qui seraient réalisés par le service reproduction des AN.


Marco Consolini, Jamil Dakhlia, Laurent Véray (Université Sorbonne nouvelle-Paris 3)
Geneviève Profit et Émeline Rotolo (Archives nationales)
Le 24 mai 2019

 

mise à jour le 7 novembre 2019