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Culture, Enseignement à distance

Corps en scène : L’acteur face aux écrans
Bodies on stage : Acting confronted by technology

du 3 juin 2015 au 5 juin 2015

Le colloque « Corps en scène : L’acteur face aux écrans » a été organisé conjointement par Josette Féral, professeur à l’université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle et Louise Poissant, professeur à l’Université du Québec à Montréal, avec l’appui d’Audrey-Anne Cyr, réunissant le Laboratoire international de recherches en arts (LIRA) de l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 et l’équipe « Performativité et effets de présence » de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), avec le partenariat du Labex Arts H2H de l’Université Paris 8 Vincennes-Saint Denis et plus particulièrement l’équipe « La scène augmentée », mais aussi du laboratoire Histoire des Arts et des Représentations (HAR) de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense.

Une première session de ce colloque s’est tenue les 12 et 13 juin 2014.

Il s’agit de réfléchir aux modifications de la scène théâtrale et du jeu de l’acteur avec l’apport des nouvelles technologies. Les questions du corps et du jeu de l’acteur, généralement peu traitées, sont ici placées au cœur du colloque qui s’attache à toutes les formes artistiques.
 

Un colloque international de grande ampleur

Les différentes interventions lors de la séance d’ouverture du mercredi 3 juin ont rappelé l’ampleur de ce colloque, organisé sur trois jours, avec 22 pays représentés proposant ainsi une pluralité d’établissements et plus de 90 interventions venant couvrir l’ensemble des six thématiques organisant la réflexion.

Il s’agit par ce biais de garantir la diversité des points de vue et d’enrichir les discussions et débats suscités par les différentes interventions. Ce projet ambitieux s’inscrit parfaitement dans les orientations de recherche de l’université Sorbonne Nouvelle et propose une approche concrète à travers des exemples spécifiques évitant ainsi le risque de généralisation. Les interventions sont réparties entre séances plénières, tables-rondes et regroupement thématiques au sein des six sous thèmes structurant la réflexion :
 
  1. Jouer face à l’image
  2. Le corps et l’écran
  3. Le spectateur sous tension
  4. La présence en question
  5. Corps hybrides
  6. La formation dans un environnement numérique

Ce colloque est aussi à l’origine de la création d’une structure originale, un Observatoire critique, composé d’une vingtaine d’étudiants qui suivent le colloque et partagent leurs réactions en direct sur internet.
 

La place des nouvelles technologies et leur impact sur l’acteur et le spectateur dans les performances artistiques

Des technologies variées utilisées à des fins artistiques

Tout d’abord, les technologies sont de natures très variées mais peuvent toutes être utilisées à des fins artistiques, comme nous le rappelle Edmond Couchot, professeur à l’université Paris 8 Vincennes – Saint – Denis. En effet, le choix des technologies a une influence sur le rendu et la perception, tout comme les différentes utilisations de chacune d’elles. Il existe une forme d’esthétisme propre aux nouvelles technologies et une nouvelle forme d’art se développe avec l’utilisation du numérique. Les choix du metteur en scène dans la sélection et l’utilisation des technologies dépendent donc de l’effet et des sensations recherchées. Les technologies offrent une plus grande liberté à la création artistique mais entraînent aussi des contraintes, par exemple en limitant l’autonomie à la fois de l’acteur réel et de l’acteur virtuel. Mais elles permettent une extension du visible, une ouverture de la scène et peuvent même devenir une extension du corps humain. De plus en plus, les nouvelles technologies sont intégrées dès le processus de création artistique. Il y a une véritable réflexion artistique et pratique relative à l’utilisation des nouvelles technologies qui se développe comme champ de recherche à part entière.

L’exemple de l’écran

L’une des technologies la plus présente dans les interventions, au cœur même de la thématique abordée par le colloque, est celle des écrans qui ont une véritable fonction dramaturgique et qui sont de plus en plus présents sur scène. Mais les écrans prennent des formes diverses et peuvent même disparaitre au profit d’un espace habitable virtuel sur scène ou quitter la scène avec des projections directes dans l’espace urbain. De plus en plus, les écrans ne sont plus de simples objets ou décors mais deviennent un acteur à part entière. Au-delà des écrans, l’ensemble des machines évoluent vers un rôle de performeur. Cela a donc une influence directe sur le jeu de l’acteur réel qui se trouve à interagir sur scène avec un acteur virtuel qui peut prendre des formes diverses.

Les technologies et leurs impacts sur le jeu de l’acteur et le spectateur

La question des conséquences de l’utilisation des nouvelles technologies sur le jeu de l’acteur entraîne des défis pour la formation. De nombreux exemples ont été donnés tout au long du colloque, sur les différents usages des écrans mais aussi de la caméra et l’impact de chacune de ces utilisations sur le jeu de l’acteur et sa place dans l’espace scénique. Certaines mise en scène allant jusqu’à placer l’écran au cœur de l’espace, faisant ainsi disparaître l’acteur. L’effet de présence de l’acteur sur scène est fortement influencé par le mode d’utilisation des technologies. Que l’acteur joue en interaction avec les technologies, soit accompagné de celles-ci ou au contraire totalement éclipsé, l’utilisation des nouvelles technologies offrent de nouvelles perspectives artistiques.

L’utilisation des nouvelles technologies n’impacte pas seulement l’acteur mais aussi le spectateur dont la perception est modifiée par les nouvelles technologies. La question de la relation entre l’acteur et les technologies s’étend donc aux relations entre l’acteur et le spectateur mais aussi le spectateur et les technologies. Les nouvelles technologies ont permis une remise en cause de la place du spectateur en l’intégrant, et même en l’immergeant, dans les créations artistiques. Celui-ci peut alors devenir partie prenante de la performance.

mise à jour le 4 janvier 2016