Accueil >> Université >> Présentation >> Portraits

Christian Soriano

le 23 mai 2012

Autodidacte, Christian Soriano a intégré le M2 Pro Ingénierie des Echanges Interculturels (IEI) via la VAPP (Validation des Acquis Professionnels et Personnels). Il travaille à la Croix-Rouge.

Versailles 140.jpg

Pouvez-vous présenter votre parcours à la Sorbonne Nouvelle?

Court mais intense !

Issu d'un milieu social très défavorisé et de la France des grands ensembles, rien ne me prédestinait à obtenir  un Master 2 Pro. Ingénierie des Echanges Interculturels (IEI). Néanmoins, ces mêmes origines m'ont porté dès l'adolescence à combattre les modèles établis de la reproduction sociale. Ce choix a, dès lors, favorisé la rencontre de nombreux milieux sociaux dont l'influence n'est pas étrangère à mes engagements de vie : action sociale, culturelle ou humanitaire aux accents d'un militantisme altruiste.

Autodidacte, j'ai décidé d'aller conquérir une reconnaissance institutionnelle via une licence par VAE afin de pouvoir prétendre à des emplois où un niveau de diplôme est indispensable. Au regard de mon parcours, les conseillers de la FCP3 m'ont orienté sur un accès direct par une VAPP en classe de Master 2 pro. IEI. que j'ai obtenu avec mention.

L'ascenseur social existe donc. Les gestionnaires des admissions de la Sorbonne Nouvelle puis certains de mes professeurs m'en ont montré l'accès !

Quelle activité exercez-vous ?

Le champ d'étude de mon Mémoire questionnait l'opportunité contextuelle de créer un service d'accueil de jour innovant pour les Mineurs Isolés Etrangers (MIE) à Paris. Je travaille aujourd'hui à la Croix-Rouge en tant que Responsable des activités socio-interculturelles dans un nouveau service d'accueil de jour pour MIE.J'étudie parallèlement le projet  de création d'une association à objectifs complémentaires.

Quel a été votre parcours depuis la sortie de l'université jusqu'à l'exercice de votre emploi actuel?

Pragmatique par nécessité, dès la sortie de l'université, j'ai repris un poste de Responsable en Maison des Jeunes et de la Culture mais suis resté constamment en relation avec les acteurs du milieu des Mineurs Isolés Etrangers.

Six mois après l'obtention de mon Master, j'ai été informé de la création du service de la Croix-Rouge. Expérience et positionnement interculturel ont suffisamment pesé pour décider la direction du service à créer spécifiquement un poste de Responsable des activités socio-interculturelles. Le Master obtenu à la Sorbonne Nouvelle et le sujet de mon mémoire ont été déterminants.

Quelles compétences mobilisez-vous dans l'exercice de vos fonctions aujourd'hui?

Professionnellement, j'évolue et accompagne des jeunes de 15 à 17 ans issus de pays sous tensions économiques, sociales, politiques, guerrières...autant dire une large partie de la planète ! Les populations représentées sont issues d'Afghanistan, du Bangladesh, d'Inde, du Pakistan, du Vietnam, d'Afrique de l'Ouest et équatoriale, du Maghreb....

Tous les enseignements reçus à l'université me sont utiles. Ils me permettent d'adopter une posture construite mais évolutive dans l'accompagnement des jeunes ; d'élaborer réflexions et argumentaires dans le montage de projets socio-interculturels; d'étayer une certaine aisance dans la (re)présentation orale comme porteur de projets; de travailler en équipe...

Ethnologie, méthodologie de projets, mais aussi histoire ou anglais...tous ces savoirs s'appellent les uns les autres, se croisent, se complètent...

Quels souvenirs gardez-vous de la Sorbonne Nouvelle?

Je ne garde pas de souvenirs à proprement parler de la Sorbonne Nouvelle. L'héritage légué par mes professeurs et certains élèves poursuit sa croissance et fructifie chaque jour, dans chacune de mes recherches, dans chacune de mes lectures, dans mon regard sur mon environnement, sur les Autres, sur moi-même.

Censier n'est jamais loin. Il m'arrive même d'y emmener certain des jeunes qui me sont confiés pour leur indiquer une voie vers le haut, vers la culture, la réflexion, l'ouverture, la transmission des savoirs et leur souligner qu'en France, la formation peut-être tout au long de la vie une réalité, si on le souhaite et si l'on se bat.

Nous avons réussi à créer une association des anciens du Master 2 pro. IEI. Les actions sont plus difficiles à se mettre en place, chacun étant dans des dynamiques personnelles.

Nombre d'entre nous sont restés en contact et maintiennent des liens d'information, d'amitié et parfois de collaboration. J'ai eu le plaisir de contractualiser une collaboration avec un collègue réalisateur autour d'un atelier audiovisuel. Des liens sont mêmes maintenus entre certains enseignants-intervenants et ex-étudiants. Des annonces professionnelles circulent.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants d'aujourd'hui?

Autorisons nous quelques formules que nous nous sommes employés à nous appliquer  durant notre formation : mutualiser les savoirs et les expériences, accepter de se laisser guider par les enseignants; creuser sa curiosité; créer des liens réels plus que des contacts superficiels voire virtuels; oublier France Inter et passer sur France Culture;  bloquer sa télé sur Arte et LCP et ne pas attendre que les choses se fassent mais se décider à les réaliser.

L'aventure étudiante est une période magique sous réserve de cultiver son appétit à apprendre.


Type :
Portrait
Contact :

mise à jour le 5 janvier 2015