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Bertrand Richet

le 14 janvier 2013

Enseignant-chercheur au département LEA, Bertrand Richet vient d'être nommé Inspecteur Général de l'Education Nationale.

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Quelle est votre formation ?

J’ai suivi un cursus assez classique de Langue, Littérature et Civilisation Etrangères (LLCE), exclusivement à l’université (alors que de nombreux collègues sont passés par les classes préparatoires ou par l’Ecole Normale Supérieure), d’abord à Charles-de-Gaulle – Lille 3, jusqu’à l’Agrégation d’anglais en 1993 et le Master 2 (qui s’appelait encore le D.E.A., Diplôme d’Etudes Approfondies) en 1995, puis à Paris Sorbonne pour le Doctorat (j’y ai suivi mon directeur de recherches, le professeur Pierre Cotte), avec une thèse soutenue en 2001. En 2011, j’ai préparé une Habilitation à Diriger des Recherches à Paris Ouest Nanterre La Défense sous la direction du professeur Wilfrid Rotgé. Mes sujets de recherche ont été, entre autres, la bande dessinée Astérix et notamment sa traduction en anglais (j’ai organisé un colloque international à Paris 3 à l’occasion du 50ème anniversaire de la série, et certaines communications ont été reprises dans un ouvrage paru aux Presses Sorbonne Nouvelle en 2011), les interjections en anglais contemporain (Oh, Ah, My God, etc.) et les nombres, auxquels j’ai consacré diverses publications.

Et votre parcours universitaire ?

Après être passé par l’enseignement secondaire à l’occasion de mon stage d’Agrégation dans la métropole lilloise puis lors de mon service national au lycée Militaire de Saint-Cyr, j’ai rejoint en 1995 l’université Charles-de-Gaulle – Lille 3 en qualité d’Attaché Temporaire d’Enseignement et de Recherches (ATER) pendant les quatre premières années de préparation de ma thèse, puis je suis devenu PRAG (professeur agrégé affecté dans l’enseignement supérieur) à l’université de Valenciennes, le temps de terminer et de soutenir mon doctorat. J’ai ensuite été recruté par la Sorbonne Nouvelle en 2002, avec un service principal d’enseignement dans le Département de Langues Etrangères Appliquées et un enseignement complémentaire à l’Institut du Monde Anglophone.

Le fait d’avoir ainsi parcouru le spectre des postes d’enseignant (du secondaire au supérieur, d’universités régionales à une université parisienne très reconnue, sans compter de nombreuses missions d’enseignement à l’Université Française d’Egypte depuis 2004 dans le cadre d’un partenariat de co-diplômation avec Paris 3) a très certainement permis de construire une expérience riche et variée, mais aussi d’avoir toujours à l’esprit d’où l’on vient et ce pour quoi on travaille. De même, le fait de travailler en recherche sur des sujets variés plutôt que de s’enfermer dans une théorie ou dans l’étude d’un micro-phénomène a toujours constitué pour moi une évidence, car la diversité des objets et des points de vue, qui ne réduisent en rien la personnalité propre du chercheur, permet de mieux percevoir, par delà la surface protéiforme du monde, la logique qui sous-tend une organisation qui se dérobe à l’œil peu averti.

De ce point de vue, le travail mené dans le cadre de mon enseignement sur la langue des médias dans le monde anglo-saxon (au travers de l’analyse de Unes de journaux, entre autres) permet aussi d’amener les étudiants à s’interroger à la fois sur ce qui leur est donné à voir (composition et contenu de photos de presse, par exemple) et, peut-être surtout, sur ce qui est absent, ce que l’on ne montre pas, soit parce qu’on considère que c’est évident (et qu’il n’est donc nul besoin de le présenter), soit parce qu’on ne le veut pas, l’absence permettant alors une manipulation du récepteur.

S’il est un lieu ouvert, libre, qui se prête à une réflexion critique (au sens noble du terme) sur le monde, c’est bien l’université et il est important, à mon sens, que les étudiants prennent la pleine conscience de cette possibilité rare qui leur est offerte dans leur existence à la fois de développer leurs compétences et leurs connaissances disciplinaires et d’apprendre à construire leur pensée, ce qui est fondamental pour une inscription réussie dans la société.

Le rôle de l’enseignant est donc essentiel, comme figure d’autorité, mais aussi comme guide et accompagnateur non pas d’individus au sens personnel ou personnalisant du terme mais de citoyens éclairés, d’esprits ouverts sur le monde et la connaissance, d’esprits curieux de tout – publicités aperçues dans le métro, paroles entendues çà et là, grands textes fondateurs, tout ce qui permet à l’être de se construire et de progresser.

Une nouvelle carrière, de nouvelles perspectives s'offrent à vous en 2013 ?

Après vingt années d’enseignement, mais aussi dix années à participer à des concours de recrutement d’enseignants (le Capes externe d’anglais d’abord, l’agrégation externe d’anglais ensuite, comme membre du jury puis comme membre du directoire) et d’autres instances d’évaluation et de recrutement (AERES, comités de sélection, comités scientifiques, etc.), j’ai souhaité renouveler les modalités de mon engagement dans le service public et avoir ainsi une vision plus générale des problématiques associées à la politique d’éducation. C’est la raison pour laquelle j’ai répondu à l’appel à candidatures lancé avant l’été par l’Inspection Générale de l’Education Nationale. Auditionné en octobre, avec d’autres (car il s’agit bien d’un concours avec un « écrit » sur dossier et un oral devant une commission consultative, la décision finale étant prise par le Ministre lui-même, qui peut aussi choisir une personnalité extérieure), j’ai appris le 2 janvier dernier que j’avais été nommé Inspecteur Général par décret présidentiel signé deux jours plus tôt et j’ai donc été amené à rejoindre aussitôt ma nouvelle « Maison ».

Rattachée directement au Ministre, l’Inspection Générale, créée en 1802, « exerce des fonctions de contrôle, d’étude et d’évaluation, et formule des avis et propositions concernant le fonctionnement et l’efficacité du système d’enseignement », comme il est dit sur le site du Ministère de l’Education Nationale. En d’autres termes, elle peut intervenir à tout moment en amont et en aval des décisions prises par le Ministre en matière de politique éducative, ce qui induit une grande variété de missions, qui ne se limitent pas à des inspections (en classes préparatoires, par exemple), mais comprennent aussi des enquêtes, des réflexions, qui permettent de mettre à profit le savoir-faire et l’expérience acquis dans le monde de l’enseignement et de la recherche. C’est pourquoi je garderai aussi des contacts privilégiés avec la communauté universitaire, et notamment celle des anglicistes.

Quels conseils souhaitez-vous donner aux étudiants ?

Si je puis donner un conseil aux étudiants, c’est d’abord celui de profiter pleinement de ces quelques courtes années pendant lesquelles l’université leur offre la possibilité d’apprendre et de construire leur pensée. A aucun autre moment de l’existence on n'a cette liberté, ces cinq ou huit années pendant lesquelles on peut être pleinement étudiant.

C’est ensuite d’avoir assez rapidement une vision claire d’un objectif et de mettre ensuite en œuvre tous les moyens pour se conformer au cahier des charges permettant d’atteindre cet objectif, de ne pas considérer le redoublement comme une option, de ne pas viser une mention Passable mais de tout faire pour obtenir une mention de bonne tenue.

C’est enfin de considérer positivement toutes les expériences accumulées, de se dire qu’un jour ou l’autre, il leur sera possible et utile de les mettre à profit pour décrocher un emploi, progresser dans leur carrière ou choisir comme moi de réorienter leur existence professionnelle. Il y a une place pour chacun et celle-ci n’est pas déterminée à l’avance. Et c’est avec ténacité, rigueur et curiosité que l’on peut progresser.

 
 

Type :
Portrait
Contact :
Sous-Direction de la Communication

mise à jour le 17 janvier 2013