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Culture

Ancien étudiant à la Sorbonne Nouvelle, Eric Le Roy est élu Président de la FIAF

le 9 mai 2011

Eric Le Roy (c) CNC

- Pouvez-vous vous présenter?

Je suis chef du Service "Accès, valorisation et enrichissement des collections" aux Archives françaises du film du CNC où je suis depuis plus de 20 ans. Mon poste a évolué depuis mon arrivée, ce qui m'a permis d'entreprendre de nouveaux chantiers, de voir mon administration changer, d'engager des projets et de varier le travail au quotidien. Mon équipe travaille à la diffusion des films tant en France qu'à l'étranger, par des programmations "hors les murs" puisque nous n'avons pas de salle de cinéma. Par ailleurs, nous travaillons à l'enrichissement des collections par des nouveaux dépôts de films, avec le dépôt légal, mais aussi avec les producteurs, réalisateurs, distributeurs et collectionneurs qui nous déposent ou donnent régulièrement des films. Depuis 2005, je suis au Comité directeur de la Fédération Internationale des Archives du Film, en charge de plusieurs dossiers, et au CNC, nous avons assuré à Paris la tenue du Congrès de 2008 à l'occasion des 70 ans de la Fédération, fondée en France.


- En quoi consistent vos fonctions à la Fédération Internationale des Archives du Film ? 

La FIAF, la Fédération Internationale des Archives du Film, regroupe les institutions les plus importantes en matière d'héritage cinématographique. Ces affiliés sont les ardents défenseurs de cet art du 20ème siècle. Ils consacrent leurs activités à la sauvegarde, à la collection, à la préservation et à la projection des films, considérés tant comme des œuvres d'art que comme des documents historiques. Lors de sa formation en 1938, la FIAF comptait 4 membres. Aujourd'hui, plus de 150 institutions situées dans plus de 77 pays collectent, restaurent et montrent des films et des documents relatifs à l'histoire du cinéma, de ses débuts jusqu'à nos jours.

Mon travail, en tant que Président, est de défendre et promouvoir les buts de la FIAF, de lancer des projets et de suivre activement l'action des commissions, mais aussi de faire respecter un Code d'Ethique pour la préservation des films et les pratiques standards dans tous les domaines de l'archivage de film, d'aider à créer de nouvelles archives dans les pays qui en sont dépourvus, d'améliorer le contexte légal dans lequel les archives de film travaillent, de promouvoir la culture cinématographique et de faciliter les recherches historiques tant au niveau national qu'international, de développer la formation et le perfectionnement en matière de préservation de films et autres techniques d'archivage, d'encourager la collecte et la conservation de documents et matériaux se rapportant au cinéma, d'assurer la disponibilité des collections pour les études et les recherches du grand public, d'encourager la collection et la préservation de documents et de matériel relatifs au cinéma, de développer la collaboration entre les membres et d'assurer la disponibilité internationale des films et des documents.


- Quel a été votre parcours depuis l'université? 

Tout en étant étudiant, j'ai été assistant de Jean-Pierre Mocky (auquel j'ai consacré un ouvrage publié à la BiFi), fait des stages dans les laboratoires, avant de travailler à la Cinémathèque française de 1986 à 1990, puis de rejoindre les Archives françaises du film du CNC. J'ai soutenu ma thèse en 1995, sous la direction de Roger Odin et Michel Marie. Et j'ai publié des ouvrages et des articles sur le cinéma français, principalement la période du muet. En parallèle,  je suis l'agent du Fonds photographique Denise Bellon (1902-1999), une photographe reporter, artiste libre et vagabonde qui a mené une carrière de photographe hors des sentiers battus. Je lui ai consacré un ouvrage et je fais connaître son travail par des expositions ou des publications...


- Que gardez-vous de la Sorbonne Nouvelle : acquis professionnels et théoriques, souvenirs, vie étudiante ? 

J'ai eu la chance d'avoir des enseignants qui m'ont donné le goût de la recherche, le courage de soutenir une thèse tout en travaillant, la possibilité de faire des stages professionnels, et de pouvoir associer réflexion, théorie et pratique. J'ai gardé plusieurs de mes meilleurs amis de l'époque, qui sont dans la presse, l'édition, la production, mais aussi des liens amicaux et professionnels avec quelques enseignants. J'ai aussi vécu, au début des années 80, une période politique tumultueuse, avec manifestations et Assemblées Générales pour la défense des droits des étudiants, de l'Université, de l'enseignement du cinéma. Sans la Sorbonne Nouvelle, je ne serai pas là où je suis actuellement.


- Quel serait votre conseil pour les étudiants du département Cinéma et Audiovisuel? 

Faire des stages, s'engager dans la vie associative, rencontrer les professionnels du cinéma, aller dans les lieux de cinéphilie à Paris et en province, lire et s'informer, découvrir le passé pour mieux étudier le cinéma contemporain, s'activer sans attendre que tout tombe du ciel. Et puis voyager...! C'est la motivation, le désir et l'avenir qui sont les meilleurs tremplins.

Type :
Portrait, Distinction / prix

mise à jour le 8 décembre 2011