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A la redécouverte de la "Grande Fièvre Ouvrière" (1911-14)

du 15 septembre 2011 au 16 septembre 2011

Colloque international

Lieux : Paris 13 / Paris 3
Organisateur : Yann Béliard / CREC / "axe 3" de CREW / CRIDAF (Paris 13) / CS de Paris 13 / Society for the Study of Labour History
Contact : yann.beliard@univ-paris3.fr

Programme [PDF - 1 Mo]

Abstracts [PDF - 1 Mo]

Affiche [PDF - 1 Mo]

Formulaire d'inscription [DOC - 39 Ko]

Présentation :



Un siècle après les débuts de la « Grande Fièvre Ouvrière », l'heure est propice à une redécouverte de cette lame de fond injustement négligée par l'historiographie récente. On sait l'ampleur de cette mobilisation sans précédent, qui agita la société britannique pendant des mois d'affilée : les conflits sociaux touchent en 1911 près d'un million de travailleurs, tandis qu'ils occasionnent, l'année suivante, la « perte » de 40 millions de journées de travail ; au cours des six premiers mois de 1914, le nombre de grèves explose et frôle le millier. Au-delà des chiffres (les syndicats passent de 2,5 à 4 millions d'adhérents en seulement quatre ans), les historiens n'ont pas manqué de s'interroger sur les causes et le sens de ce jaillissement. De l'approche « catastrophiste » proposée par Elie Halévy et George Dangerfield dans les années 1930 à la lecture « anti-basiste » formulée par Jonathan Zeitlin en 1989, les interprétations ont été multiples et sujettes à controverse. A l'heure où la crise du capitalisme mondialisé suscite des réactions ouvrières au cours imprévisible, nous voudrions faire le pari que ces événements ont encore beaucoup à nous dire. Moins connus qu'on ne pourrait le croire, ils méritent d'être approchés sous des angles nouveaux. La forme prise par l'agitation ouvrière à Londres, Liverpool ou Glasgow est désormais bien balisée. Mais que sait-on des combats qui affectèrent des villes de moindre taille, et initiés par des protagonistes moins fameux que James Sexton ou Ben Tillett ? Les mouvements des travailleurs (marins, dockers, cheminots, mineurs) ont fourni matière à bien des ouvrages. Mais quid des travailleuses (ouvrières d'usine, domestiques, enseignantes, vendeuses) ? On est parvenu à cerner les faits et gestes des principales organisations ouvrières. Mais on a trop peu scruté les discours et les attitudes de leurs vis-à-vis, ces employeurs et ces hommes d'Etat dont les choix, variés et souvent contradictoires, façonnèrent alors l'Histoire. Gagneraient également à être explorés les rapports que les actions des prolétaires entretinrent avec d'autres mouvements sociaux alors en cours (notamment les mouvements féministes et les différentes agitations irlandaises), et notamment le rôle de la Daily Herald League comme carrefour des contestations. L'élargissement du champ visuel passe aussi par une réévaluation des cadres géographiques. Dans quelle mesure peut-on considérer la « Grande Fièvre » comme une vague de grève « britannique » ? Ne faut-il pas comprendre cet adjectif dans un sens plus large qu'auparavant, incluant non seulement l'Irlande, mais aussi l'ensemble du monde britannique d'alors ? On n'a pas accordé suffisamment d'attention à la dimension impériale de la « Grande Fièvre ». Pourtant, entre 1911 et 1914, la Colombie Britannique connaît des batailles sociales à répétition, la Nouvelle-Zélande vit une grève générale (1913) et l'Afrique du Sud est touchée par des conflits du travail d'une violence inouïe. N'y a-t-il pas des effets de miroir, voire de contagion, entre métropole et colonies ?


Type :
Colloque / Journée d'études

mise à jour le 29 juillet 2011