Miyna Kaptan-Belkora
Après l'obtention de son Doctorat de Troisième Cycle en Histoire de l'Art à La Sorbonne (Paris I), elle a poursuivi ses études et a soutenu son Doctorat d'Etat en Littérature à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat. Elle a participé à de nombreux colloques nationaux et internationaux et publié divers articles dans des revues scientifiques.
Elle est actuellement Professeur à la Faculté de Rabat où elle enseigne l'Histoire des Idées et l'Histoire de l'Art. Elle dirige également le groupe de recherche en Art et Littérature (GRAL).
L'androgynie en peinture et littérature dans le dernier quart du XIXème siècle
Le dernier quart du XIXème siècle voit ressurgir le thème de l'androgyne sous différentes formes. Certains peintres multiplient l'image d'une femme aussi belle que destructrice qui trouve sa plus parfaite expression dans les figures féminines de Gustave Moreau. Dans les ouvrages romanesques des écrivains dits « décadents », la femme est conçue comme une puissance néfaste dont les maléfices se manifestent sous forme de castration, de persécution ou de meurtre.
Par ailleurs, dans l'iconographie et la littérature fin-de-siècle, à la virilisation des femmes correspond la féminisation des hommes qui, dans bien des œuvres picturales, sont dotés d'une beauté, d'une grâce peu conformes à leur identité biologique, alors que dans certains romans de Rachilde, de Joséphin Péladan, de Jean Lorrain, ils revêtent souvent les caractéristiques de l'autre sexe.
Cette récurrence du thème de l'androgyne nous incite à nous poser certaines questions, notamment s'il n'existe pas un lien entre celui-ci et la misogynie que les protestions et les revendications féministes de l'époque rendaient plus virulente.