Les études littéraires se trouvent face à une aporie. Alors qu'elles se sont infiniment diversifiées dans leurs méthodes, la culture autour de nous a cessé de s'organiser autour de la littérature, qui était il y a encore un demi-siècle le centre vital des « humanités ». « La » littérature : ce singulier lui-même a été contesté, au point qu'on peut difficilement définir, aujourd'hui, l'unité d'un corpus qui serait l'objet propre des études littéraires. Parallèlement, la littérature continue à avoir un type d'existence qui échappe à l'investigation universitaire : elle continue à fournir aux disciplines non « littéraires » exemples et références, à être investie comme pratique en partie indifférente à la recherche: création, lecture, enseignement, thérapie, etc.
Notre hypothèse est que dès que le chercheur se donne la littérature pour
objet de connaissance, il la perd tendanciellement comme pratique. Or, la littérature n'existe peut-être comme objet séparé, visé par un commentaire critique, qu'à condition d'avoir d'abord existé comme lien, comme pratique relationnelle.
Nous voudrions réinscrire l'activité critique dans cette perspective afin d'arrêter la fuite en avant qui consiste à augmenter toujours plus la connaissance
objective de la littérature au moment où elle se dérobe comme culture générale. Ceci suppose d'apprendre quelque chose de ses usages, même les plus naïfs : la connaissance doit nous revenir de l'extérieur de notre discipline. En travaillant à la fois avec des chercheurs d'autres disciplines, avec des enseignants du secondaire, mais aussi, par le biais de questionnaires, avec des lecteurs sans qualité, nous voudrions analyser ce que la littérature permet, et ainsi définir le geste qui la fait exister, tout en nous inscrivant dans ce geste même pour relancer ce qui se transmet avec elle, ce qui se
donne à travers sa « fréquentation ».
Littérature : comment la diriez vous ? Remplir le
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