ED 267 >> Formation Doctorale >> Séminaires
Co-direction : Marie-Madeleine Mervant-Roux, directeur de recherche en Études théâtrales (ARIAS-CNRS / Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle), et Giusy Pisano, professeur en Cinéma et Audiovisuel (Université Paris-Est- Marne-la-Vallée / LISAA)*
Les séances auront lieu une fois par mois, le mercredi, de 18h30 à 20h30, à l'INHA (Institut national d'histoire de l'art), Galerie Colbert- voir plus loin le détail des dates, des salles, et les intitulés des séances.
*Ce séminaire interdisciplinaire s'inscrit dans la recherche internationale « Le son du théâtre/ Theatre Sound », un partenariat entre l'ARIAS/CNRS et le CRI de Montréal, dont les premiers résultats ont été présentés au colloque de Paris en novembre 2010. Le deuxième volet du colloque (Montréal, novembre 2012), portera entre autres sur « les bruits ».
« Tentons de considérer noblement le bruit pour mieux respecter l'Homme et pourchasser avec panache la peur qui hante l'humanité ? »
Castanet, Pierre-Albert, Tout est bruit pour qui a peur. Pour une histoire sociale du son sale, Paris , Michel de Maule, 1999, p. 393
Depuis le travail des futuristes, L'Art des bruits de Luigi Russolo, la naissance de la musique concrète et les compositions de Charles Ives, George Antheil, Erik Satie, Pierre Schaeffer et bien d'autres plus contemporains, il existe d'importantes réflexions sur le bruit. Il existe aussi des ouvrages - ou chapitres d'ouvrages - techniques sur le bruitage et son histoire (au théâtre, au cinéma, à la radio), des études sur les sons dans quelques créations spécifiques (par exemple Shakespeare, Tchekhov, Maeterlinck ; Artaud, Kantor, Chéreau ; Tati, Bresson, Tarkovski, Lynch, Woo...). Cependant dans les bibliothèques ou sur Internet, on trouve surtout de multiples ouvrages pour enfants (l'apprentissage des bruits semble donc essentiel), un très grand nombre de textes sur les dégâts auditifs et la lutte contre la pollution sonore, très peu d'approches esthétiques et culturelles (ou alors primitivistes). On a récemment (assez rarement tout de même) étudié le bruit spécifique du théâtre, ou du cinéma des premiers temps, où se mêlent les sons du spectacle et les sons du public. Ce phénomène sonore n'a cependant pas suscité autant d'attention que le son musical ou la voix alors qu'« un simple bruit de pas peut déclencher une réaction émotionnelle (jubilation, peur soudaine), une action décisive (approche agressive, dissipation propice, élan salvateur), voir une indifférence ». (Claude Bailblé, « Comment l'entendez-vous ? », Cinergon, 17/18, 2004, p. 7). Il est là dès qu'une performance théâtrale commence, la plus simple soit-elle (des pas, justement, des déplacements de corps). Il semble être un élément clé de toute action dramatique ou scénique. Il a une histoire, technique, culturelle, intermédiale. Alors pourquoi le bruit continue-t-il à être aussi sous-estimé ? Pourquoi son usage se limite-t-il bien souvent à une illustration ? Pourquoi l'opposition bruit/musique perdure-t-elle ? Et enfin, pourquoi le bruit continue-t-il à faire peur ?
Ce séminaire propose d'aborder ces questionnements à travers :
- l'étude d'œuvres ou de corpus dans cette perspective précise (dimension historique, esthétique et anthropologique)
- la praxis des créateurs qui travaillent avec les bruits (radio, théâtre, cinéma),
- l'analyse de quelques bruits particuliers (pluie, vent, cloche, sonneries, etc.)
Calendrier (mercredi, de 18h30 à 20h30, à l'INHA. Attention : salle variant selon les séances)
2011
Marie-Madeleine Mervant-Roux et Giusy Pisano : Introduction,
Martin Laliberté (professeur en Informatique musicale/compositeur, Université Paris-Est-Marne-La-Vallée/LISAA : « L'introduction du bruit dans la musique ».
L'Atelier Recherche Scène (1+1=3) : « La nuit du théâtre » (titre provisoire)
Frédéric Tabet (enseignant, titulaire d'une thèse de doctorat, Université Paris-Est-Marne-La-Vallée/LISAA) « Les bruits du Théâtre Robert-Houdin, hypothèses d'un mode de lecture magique ».
2012
Claire Guiu (géographe, ESO, Nantes). Sur la notion de « soundspace » (titre à préciser).
Cécile Bosc (doctorante Paris 3-Sorbonne Nouvelle / ARIAS) : « Bruits de fond. François Tanguy, Maguy Marin) ».
Kaye Mortley (productrice de radio indépendante) : « A propos du documentaire de création »
André Timponi (doctorant EHESS) : « L'écoute radiophonique dans le contexte de l'entre-deux guerres »
Jean-Michel Durafour (maître de conférence, Université Paris-Est-Marne-La-Vallée/LISAA) : « La présence inéducable de l'audible chez Andreï Tarkovski : en deçà de l'oreille qui entend, l'ouïe est déjà en train d'écouter ».
Romain Garcia (enseignant, doctorant, Université Paris-Est-Marne-La-Vallée/LISAA) : « La science-fiction cinématographique : lectures sonores d'un genre à l'épreuve du son »
Daniel Deshays (preneur de sons, créateur son, responsable du département Son à l'ENSATT) « L'existence discontinue des bruits et sa représentation continue. »
Delphine Chambolle (maître de conférence, Université de Lille 3) : « Circulation des bruits dans les esperpentos : une approche poétique et politique du théâtre de Valle-Inclán ».
Catherine Naugrette (professeur en Études théâtrales, Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle) : « Les bruits chez Beckett »
S. Walon (ENS Lyon, étudiante en Master en Esthétique du cinéma à l'Université d'Oxford) : « Le travail des bruits dans les ciné-danses de Thierry De Mey : matérialiser et dématérialiser le corps dansant à l'écran ».
Nathalie Gauthard (Maître de conférences en Etudes théâtrales, ethnoscénologie, Université de Nice Sophia-Antipolis) : « Vacarme et charivari (le carnaval) »
Echanges et bilan
Téléchargez le programme du séminaire au format pdf
Responsables : Catherine Naugrette et Marie-Dominique Popelard
Ouvert à tous les doctorants de l'Ecole Doctorale 267, ce séminaire propose un espace de réflexion et de discussion transdisciplinaires, destiné aux nombreux doctorants qui éprouvent le besoin, à un stade ou un autre de l'élaboration de leur recherche, de solliciter un avis spécialisé sur telle ou telle question qu'ils ont rencontrée, de méthode ou de problématique.
Des directeurs représentant chacun des domaines de recherche en Arts et Médias interviendront ainsi lors de chaque séance pour répondre aux diverses interrogations et difficultés rencontrées par les étudiants, en complément du dialogue, par ailleurs déterminant, qu'ils entretiennent avec leur directeur de thèse.
Cette année, trois thématiques transversales seront abordées :
Jocelyne Arquembourg, Raphaëlle Moine, François Jost, Bruno Péquignot
Mardi 20 mars 2012, 17h-20h, salle E (Centre Bièvre)
Séminaire transversal de formation doctorale proposé par Philippe Dubois (Dpt Cinéma et audiovisuel) et François Mairesse (Dpt Médiation culturelle).
(2e semestre 2011-2012, 15h)
Les musées, les cinémas, les théâtres, les concerts, avec leurs espaces d'exposition, leurs salles de projection, leurs scènes de jeu, ont été conçus en fonction d'un même objectif, explicite : montrer des images, de manière exemplaire (« efficace »), avec un souci de mise en forme précis, visant à produire des effets singuliers (par exemple d'information, ou de découverte, ou de spectaculaire, ou de plaisir esthétique, ou d'implication du spectateur, ou d'exhibition critique, ou de diffusion de masse, etc.). Avec l'expansion du numérique, des dispositifs voisins, de monstration d'images eux aussi, se sont (dé)multipliés et ont gagné beaucoup d'aspects de notre vie quotidienne, par exemple via toutes les petites boîtes à écran qui nous environnent (de la télévision à l'écran d'ordinateur, des régies d'images aux smartphones, etc.), là aussi avec des effets singuliers (mise en boîte, miniaturisation, marchandisation, mise en réseau, etc.). Même hors du monde des images de l'art et de la culture, les dispostifs de monstration sont partout : la Vitrine, par exemple, est une forme très intéressante, qui a connu toute une histoire, liée au développement moderne de la valeur d'exposition (le magasin, les passages, la galerie marchande ou commerciale, etc.) et qui aujourd'hui a gagné l'espace de la ville tout entière, qui est comme une immense salle de spectacle. L'enjeu est clair : pourquoi et comment faire voir ? Tout voir ?
Ce séminaire interdisciplinaire aura pour objectif d'explorer le principe particulier de monstration, que l'on retrouve conjointement en muséologie ou dans les études cinématographiques, à partir de la notion de dispositif qui, depuis les écrits de Foucault, a fait l'objet de nombreux commentaires. Dispositifs cinématographiques, expographiques, numériques, points de vue urbains : autant d'instruments théoriques dont il convient de dégager les points communs, afin de mieux comprendre les liens entre ces médiums phares de notre société contemporaine.
Le séminaire se déroulera en 6 séances de 2h30, certains jeudi matin (9-11h30), entre février et juin 2012. La salle concernant ces séances sera communiquée ultérieurement. Chaque séance comportera un exposé des deux professeurs, l'un de Cinéma, l'autre de Médiation culturelle, et sera suivi d'une discussion avec les doctorants.
1. Introduction : concepts, méthodes, enjeux (Philippe Dubois et François Mairesse)Jeudi 16 février 2012, 9h-11h30 - salle Las Vergnas (Centre Censier)
Présentation et analyse des principales notions mises en œuvre au cours du séminaire :
- La notion de dispositif en sciences sociales et humaines (de Foucault et Deleuze à Agamben),
- La notion de dispositif dans les théories du cinéma (de Baudry et Metz à Boukala),
- La valeur d'exposition (Benjamin) et le Musée imaginaire (Malraux)
- Les notions de projection (de Metz à Païni) et d'écran (Fleischer, Lewin, etc.)
2. Le musée, dispositifs et expologie (François Mairesse)Jeudi 23 février 2012, 9h-11h30, salle M 305 (Saint-Médar)
Analyse des dispositifs muséaux, de la Wunderkammer à la muséographie immersive : muséologie de l'objet, de l'idée, de point de vue et de passage.
3. Le cinéma, son dispositif standard et ses formes expérimentales (Philippe Dubois)Jeudi 8 mars 2012, 9h-11h30, salle Las Vergnas (Centre Censier)
Analyse du dispositif « de base » du cinéma, de ses quatre constituants (la salle-enveloppe, la machinerie projective, l'écran-apparition, le spectateur en sousmotricité et surperception), de sa fonction historique et théorique « identitaire », et de ses variations formelles plus ou moins expérimentales (du poly-écran aux projections-performances, des projections en plein air aux installations vidéo dans les musées ou au théâtre).
Jeudi 22 mars 2012, 9h-11h30, salle Las Vergnas (Centre Censier)
Esquisse d'une histoire de la vitrine de magasin aux différents stades du capitalisme. Boutiques, grands magasins, architectes et musées : similitudes et divergences. La ville comme shopping center : des passages parisiens aux malls californiens.
Jeudi 12 avril 2012, 9h-11h30, salle Las Vergnas (Centre Censier)
Comment, à partir de deux catégories classiques de la monstration d'images, la projection d'une part et l'exposition d'autre part, penser cette idée d'une « migration de dispositifs » entre les champs du cinéma et du musée. Par exemple avec cette forme nouvelle dite du « cinéma d'exposition », qui passe par la pratique de « l'installation ».
Comment l'extension infinie des technologies numériques amplifie cette idée de migration des dispositifs. Voir des films sur internet, sur son smartphone, dans un taxi ou un avion, sur un écran géant sur une façade d'immeuble, etc., est-ce encore « aller au cinéma » ?
Jeudi 10 mai 2012, 9h-11h30, salle Las Vergnas (Centre Censier)
mise à jour le 6 février 2012