« Vers d’autres voix » est l’occasion de rencontrer les grandes littératures du monde (en particulier poétiques) autour de lectures bilingues. Cette manifestation mensuelle organisée par les U. F.R. de langues de la Sorbonne Nouvelle aura lieu régulièrement le mercredi dans différentes bibliothèques de l’Université.
Reportage photos






Programme- Lecture de poèmes et traductions de poèmes d'Auguste Lacaussade (1817-1897)
Né à la Réunion en 1817 d'un avocat et d'une « libre de couleur », Auguste Lacaussade dut fuir la ségrégation à laquelle le condamnait sa naissance, et vécut principalement en France à partir de 1827. Secrétaire de Sainte-Beuve, journaliste littéraire, éditeur (de Marceline Desbordes-Valmore), il fut un poète reconnu (Les Salaziennes, Poèmes et Paysages, Les Épaves), et un traducteur renommé, tant du grec (Anacréon), que de l'anglais (Macpherson, Crabbe, Coleridge), du polonais (Mickiewicz) et de l'italien (Leopardi).
Patrick Counillon- Lecture de poèmes d'Auguste Lacaussade
Xavier Garnier : poèmes français
Clíona Ní Ríordáin & Christine Raguet : Ossian en bilingue
Jean-Charles Vegliante : Leopardi en bilingue.
Magdalena Nowotna (INALCO) : Mickiewicz en bilingue.
Patrick Counillon (Bordeaux 3) : Anacréon en bilingue.
M. Auguste Lacaussade s'était demandé : « Doit-on traduire en vers un poète ? La tâche peut sembler insurmontable. Si la fidélité littérale est déjà presque impossible en prose, que sera- ce en poésie ? » Et cependant, malgré ces appréhensions légitimes, avec un juste sentiment des compromis nécessaires, il ajoutait aussitôt : « On peut s'inspirer d'un poète étranger, lui emprunter une idée ou un sentiment, s'en nourrir, se les approprier par un travail de lente élaboration, et les exprimer ensuite, en s'ingéniant à conserver de l'original qu'on interprète, la ligne, la couleur, le nombre, certaines habitudes et tournures de diction, ce qui constitue, en un mot, sa physionomie propre ». Interprétation donc, plutôt encore que traduction, c'est là, à vrai dire, le seul système sage et fécond que l'on doive préconiser ; c'est lui qu'a adopté M. Lacaussade chaque fois qu'il a voulu faire passer dans notre langue les œuvres lyriques conçues dans un idiome étranger. (M. Sponck,
Les Matinées espagnoles. Nouvelle Revue internationale européenne. n° 21, Décembre 1888, p. 350-352).
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