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Littérature générale et comparée
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Un cliché veut que la ville moderne soit froide et impersonnelle. Pourtant, dans la littérature irlandaise du 20ème siècle, elle existe à la fois comme une réalité physique presque charnelle et comme un espace mental, comme une superposition de strates cartographiques et textuelles ou un agrégat de topographies psychiques plus ou moins individualisées et fragmentées. James Joyce disait ainsi que si Dublin venait à être détruite, on pourrait la reconstruire à partir de son œuvre. Ciaran Carson, poète nord-irlandais contemporain, déploie pour sa part une œuvre où Belfast, soumise aux ravages causés par les Troubles et aux aléas de l'histoire, apparaît comme un enchevêtrement virtuel de plans.
Les représentations de la ville dans la littérature irlandaise du 20ème siècle oscillent de la sorte constamment entre deux pôles : la carte, figuration de la connaissance quasi-surnaturelle que les personnages possèdent de leur environnement, et le labyrinthe, emblème de leurs déambulations sans fin, faites de méandres, de détours, de déviations ou d'impasses, qui sont aussi jusqu'à un certain point ceux de l'écriture narrative ou poétique.
On verra ainsi que Joyce et Carson se rejoignent dans une même exploitation d'un art hérité de l'antiquité classique et de la Renaissance, l'art de mémoire, une technique qui visait à suppléer les déficiences de la mémoire naturelle en utilisant la géographie urbaine comme autant de repères pour stocker des souvenirs ou des images chargés de signification. Chemin faisant, d'autres œuvres de la littérature irlandaise et nord-irlandaise seront abordées, afin de montrer en quoi elles relèvent d'une configuration semblable.
Oeuvres au programme :
Bibliographie sommaire:
mise à jour le 24 juillet 2009