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Séances de 17h à 20h
21 février : Je t'aime, je t'aime (1968) d'Alain Resnais, France, 35mm, 91 minutes.
Séance animée par Ophir Levy.
Le récit de Je t'aime, je t'aime prend la forme d'une mosaïque d'instants quelconques qui se succèdent ou se répètent de manière contingente. Cette structure morcelée du film, épousant les aléas de la conscience du personnage principal, paraît se situer hors de l'histoire (à l'image du héros prostré dans son cocon à remonter le temps). Mais Je t'aime, je t'aime offre peut-être un autre modèle narratif, du fait de sa boucle aléatoire et répétitive qui détraque l'écoulement du temps : celui d'un film restant en travers de l'histoire, comme un aliment trop sec reste en travers de la gorge. En évoquant la figure du scénariste Jacques Sternberg et les différentes strates d'écriture du film, nous essaierons par ailleurs de montrer que Je t'aime, je t'aime est un film traversé par l'histoire, sourdement, clandestinement.
28 février : Le Cycle, Dayereh mina, (1974) de Dariush Mehrjui, Iran, 35mm, 101 minutes, couleur.
Séance animée par Agnès de Victor.
Ali amène son père malade dans un hôpital au cœur de Téhéran. Mais, dans l'impossibilité de payer les soins, il accepte d'entrer dans un trafic de sang dans lequel trempe aussi le corps médical. Figure de proue de la « Nouvelle Vague iranienne » depuis qu'il a signé La Vache en 1969, Dariush Mehrjui co-écrit le scénario du Cycle avec, une fois encore, l'écrivain Gholam Hossein Saedi. Il met en scène la spirale dévastatrice du marché noir qui sévit à Téhéran et le cynisme de ceux qui le contrôlent. La dimension critique du film lui vaut une interdiction par le régime du Shâh, qui n'accepte aucune remise en cause du fonctionnement de la société et notamment des hôpitaux. Finalement autorisé en 1978, LeCycle est bientôt à nouveau interdit par le régime islamique né de la révolution de 1979. À partir d'un débat autour de ce film majeur de l'histoire du cinéma iranien, la séance sera aussi consacrée à définir la modernité cinématographique qui se développe en Iran à partir des années 60, et à la mise en évidence de ses sources, iraniennes et étrangères.
15 mai : Kaboul, Au bout du monde (1993), France, Bétacam SP, 53 minutes.
Séance animée par Johanna Cappi.
Hommage du GRHED au travail du cinéaste et reporter Christophe de Ponfilly (5 janvier 1951 - 16 mai 2006).
mise à jour le 10 février 2012