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2018 : Année électorale en Amérique Latine : Traitement médiatique et communication politique

le 4 octobre 2018

  • Organisateurs :
Juliette Astorg : juliette.astorg@laposte.net
Pauline Vandenbossche : pauline.vandenbossche@hotmail.fr

  • Présentation :
La communication politique lors des campagnes électorales a pour objectif de faire adhérer les citoyens au programme proposé par un candidat, c’est-à-dire à sa vision du monde (Gerstlé, 2016). Dans le contexte du passage de la “démocratie des partis” à la “démocratie du public” (Manin, 1996) les candidats s’adressent aux citoyens-électeurs en investissant de plus en plus les moyens de communication. Avec le développement des médias de masse, les hommes et les femmes politiques ont dû « s’approprier » les médias (Delporte, Veyrat-Masson, 2006).

Dans le cas latino-américain, la dynamique néolibérale des années 1990 s'est traduite par la privatisation de certains médias, l’assouplissement de lois régulant la concentration médiatique, et l’ouverture du marché des médias aux capitaux étrangers (Badillo, Mastrini, Marenghi, 2015). La concentration des propriétés médiatiques est un phénomène qui prend racine au début du XXème siècle en Amérique Latine, mais qui a été significativement modifié par la dynamique néolibérale, transformant les entreprises familiales en grands groupes qui cherchent à cumuler des positions de pouvoir médiatique, politique, et économique (Becerra, Mastrini, 2017). En termes de politiques de communication, depuis les années 2000, les gouvernements de gauche se sont employés à limiter ces tendances : création de médias publics - TV Brasil, en 2008 -, régulation du secteur des médias privés - Ley de resorte de 2004 au Venezuela -, et promotion - souvent limitée- des médias communautaires (Kitzberger, 2010).

La tendance des gouvernements progressistes de la région à identifier les médias dominants à l’opposition politique (Kitzberger, 2009) et la forte médiatisation des figures présidentielles à l’instar d’Hugo Chávez initient un changement dans la relation entre les gouvernements et les médias générant parfois des “guerres médiatiques” (Guevara, 2012 ; Balán, 2013) aux discours extrêmement polarisés. Toutefois, la relation entre les gouvernements progressistes latino-américains et les médias est faite d’expériences diversifiées. D’une part, on note une “cohabitation pacifique” durant la première étape des gouvernements argentin et uruguayen ainsi que tout au long de l’expérience progressiste au Brésil et au Chili ; d’autre part une “confrontation hégémonique” au Venezuela, en Équateur, en Bolivie ainsi qu’en Argentine après 2009 (Gómez Germano, 2011).

Pour comprendre l'année électorale 2018 cette table ronde propose donc une analyse du traitement médiatique des campagnes, autour des thématiques suivantes :

- Impacts de la polarisation et de la concentration des médias sur la couverture des campagnes électorales, cadrages et construction des enjeux.

- Enjeux médiatiques de la couverture des élections, entre stratégies de communication des partis et candidats, et essor des médias indépendants.

- Couverture des élections latino-américaines dans la presse française : expériences de terrain et enjeux de représentations
Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
IHEAL
28 rue Saint Guillaume, 75007 Paris

mise à jour le 31 mai 2018