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2018 : Année électorale en Amérique du sud : Montée des nouvelles droites et recomposition partisane

le 11 octobre 2018

  • Organisateur :
Julliette Astorg : juliette.astorg@laposte.net
Pauline Vandenbossche : pauline.vandenbossche@hotmail.fr

  • Présentation :
En Amérique latine, depuis 2015, différents scrutins présidentiels ont donné la victoire à des candidats issus des droites libérales ou conservatrices, mettant ainsi fin à la "vague rose" ouverte au début des années 2000 : Mauricio Macri en Argentine (janvier 2015), Sebastian Piñera au Chili (mars 2018), ou encore Pedro Pablo Kuczynsky au Pérou (juillet 2016). Dans plusieurs cas, ces virages conservateurs se sont inscrits dans un double contexte: reconfiguration des systèmes partisans mais aussi changement libéral des démocraties.

L’alternance électorale constitue un indicateur de bonne santé démocratique des systèmes de gouvernement (Aldrin, Bargel, Bué, Pina, 2016). En outre, elle s'accompagne de recompositions des rapports de force entre les partis de gouvernement et de changements dans les systèmes partisans (Mair, 1995). Pour autant, elle ne mène pas nécessairement au changement dans les choix de politiques (De Maillard, 2006). Ainsi, en Amérique latine, la période de gouvernements de gauche, ouverte depuis la fin du XXème siècle, a-t-elle apporté davantage "d'ajustements" que de "ruptures décisives" (Mayaux, Surel, 2010; Hassenteuffel, Muller, 2002).

Quoi qu'il en soit, le cycle électoral ouvert à la fin 2017 voit certains candidats s'inscrire en rupture avec leurs prédécesseurs : discours anti-corruption, promesses de rénovation de la vie politique, larges plans de réformes, candidatures indépendantes… Cette année 2018 offre aux électeurs d'Amérique latine la possibilité de voter pour des candidats qui se disent indépendants des partis “traditionnels” (conservateurs, libéraux). Dans différents contextes nationaux, de nouveaux partis émergent : alors qu'au Mexique Manuel Lopez Obrador a créé son parti politique, Morena (le Mouvement de régénération nationale) dès 2014, en Colombie, Sergio Fajardo a officialisé sa candidature en 2017 et s'est présenté à la tête de la coalition entre l’Alliance Verte, le Pôle démocratique alternatif et son propre parti Compromis Citoyen. C’est une dynamique qui se renforce puisque déjà en 2007, Raphael Correa gagnait l’élection présidentielle alors même qu’il se présentait comme un outsider : son non rattachement à une lignée partisane et sa volonté de considérer le peuple équatorien dans les politiques de développement jusqu’alors jugé défavorisé, ont assuré son succès électoral (Herrera Ríos, 2017).

Pour cette table ronde, les interrogations s'organiseront autour de trois axes d’analyse :

- La multiplication des candidatures indépendantes et les reconfigurations des systèmes partisans

- La clôture du cycle de gauche et ses impacts en termes d'action publique

- Les enjeux démocratiques des alternances, notamment dans les contextes marqués par des dérives autoritaires (Honduras, Brésil, Venezuela).
Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
IHEAL
28 rue Saint Guillaume, 75007 Paris

mise à jour le 31 mai 2018