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La comédie depuis 1945


La comédie depuis 1945 : approches gender, socioculturelles et historiques d'un genre populaire (cinéma/télévision)


 
Organisé par Raphaëlle Moine (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)
 et Geneviève Sellier (IUF ; Université Bordeaux 3)
 
IRCAV, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
 
Pour prolonger et élargir la réflexion sur « genre et gender » que nous avons entreprise de 2008 à 2011, nous consacrerons un nouveau cycle du séminaire à la comédie, le genre à la fois le plus populaire et le moins légitime dans la recherche française - ceci expliquant sans doute cela. Il s'agira cette fois-ci non seulement d'explorer différents corpus nationaux (France, Hollywood, Italie, Grande-Bretagne, etc.), mais aussi d'accueillir toutes les approches socioculturelles et historiques, du moment qu'elles prennent pour objet le genre lui-même.
Au sommet du box office dans la plupart des pays occidentaux depuis les débuts du parlant (sinon depuis les débuts du cinéma), la comédie a pris un essor nouveau après-guerre, en particulier en Europe où elle fonctionne comme un commentaire sur tous les conflits et les contradictions de la période. Après les années 1960, où s'est mis en place dans beaucoup de cinématographies occidentales un système à deux vitesses - cinéma « d'auteur » vs cinéma « commercial » -, la comédie continue à remplir les salles. C'est encore vrai aujourd'hui (Bienvenue chez les Ch'tis), et pas seulement en France. Toutefois l'une des spécificités de la comédie est sa dimension fortement nationale (ou régionale), qui peut aller jusqu'à en faire une production inexportable : les discordances entre succès national et international de ce genre sont à explorer, tout comme, à l'inverse, la circulation interculturelle de certaines formes comiques, en termes de production et de réception.
De plus, la comédie s'inscrit dans des traditions culturelles, souvent nationales, qui prennent des formes médiatiques diverses : par exemple, le comique troupier ou le boulevard en France ont d'abord été des formes du spectacle vivant, avant de devenir des genres cinématographiques ; aux Etats-Unis, certaines formes comiques ont émergé à la télévision (Seinfeld), avant d'émigrer ailleurs, et le phénomène se retrouve en France (Jamel Comedy Club). La télévision invente aussi de nouveaux formats : les fictions courtes y prolifèrent, toujours sur le mode comique (Un gars une fille). C'est donc aussi la dimension et le développement intermédiatique de la comédie, dans des espaces culturels historiquement situés, qu'il convient de prendre en compte pour analyser la popularité renouvelée de ce genre, ainsi que ses différents cycles et sous-genres.
La comédie est également un genre qui offre un angle d'attaque privilégié sur ce qu'on appelle improprement la sphère privée, c'est-à-dire les identités et rapports sociaux de sexe : à Hollywood comme en Europe, c'est un observatoire incomparable des évolutions et des résistances dans ce domaine ; la dimension carnavalesque de la comédie permet l'invention de figures fortement contestatrices des normes sexuées, en termes d'identité ou d'orientation (cf. The Unruly Woman de Kathleen Rowe, 1995). D'une manière générale, la comédie rend visible, plus fortement que les autres genres, les rapports de domination de genre, de classe, de « race » et leur articulation.
Enfin, la comédie produit des stars et des publics à la fois nombreux et divers : les communautés de fans fabriquent des « répliques cultes », des types sociaux (de Don Camillo à Brice de Nice) et des vedettes (longtemps masculines), phénomènes dont témoignaient la presse et les magazines populaires, les actualités cinématographiques, les programmes télévisés et les publicités sur tous supports, et qu'on peut aujourd'hui aussi documenter avec Internet, les forums, les blogs et les réseaux sociaux.

Les séances du séminaire auront lieu à l'INHA (salle Walter Benjamin ou Mariette) les vendredis 21 octobre, 18 novembre, 9 décembre, 13 janvier, 10 février, 16 mars et 6 avril de 17 h. à 19 h.30.
 


  Calendrier 2011-2012


21 octobre 2011 :

Ginette Vincendeau (King's College, Londres) :
« De la sacrée gamine à la ravissante idiote : Brigitte Bardot et la comédie »

18 novembre 2011 :
Hilary Radner (Université d'Otago, Nouvelle-Zélande) :
« Néo-féminisme, chick flicks, et retour du burlesque : de 30 ans sinon rien (2004) à Bad Teacher (2011) »

9 décembre 2011 :
Laurent Marie (University College Dublin) :
« Le Petit Monde de Don Camillo : une comédie populaire à l'heure de la guerre froide »

13 Janvier 2012 :
Adrienne Boutang (Université Lille 3) et Célia Sauvage (Université Paris 3) :
« Teen sex comedies, gross out comedies : la comédie sans apprentissage »

10 février 2012 :
Noël Burch :
« La comédie télévisuelle française contemporaine : un observatoire privilégié des rapports sociaux de sexe »

16 mars 2012 :
Marguerite Chabrol (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) :
 « Katharine Hepburn et les comédies du vieillissement »

6 avril 2012 :
Jean-François Baillon (Université Bordeaux 3) :
« Une esthétique de l'excès en temps de rationnement ? L'âge d'or de la compagnie britannique Ealing (1947-1955), entre reprise et renouveau »





Genre et gender : programmes des années précédentes






mise à jour le 11 septembre 2011